L’exposition Géométries naturelles d’Etienne Saint-Amant

21 mai 2021 / Maxine Blank- St-Cyr

J’ai eu la chance, mercredi dernier, le 12 mai 2021, d’assister au lancement de l’exposition Géométries naturelles d’Etienne Saint-Amant au Musée des beaux-arts de Sherbrooke. Originaire du cœur des cantons, Etienne incarne ce point de rencontre saisissant entre l’art visuel et la mathématique. Son approche artistique unique, qui consiste à produire l’ensemble de ses œuvres à partir de formules et d’équations mathématiques, est intrigante et complexe.

Après avoir été bien accueillies par le personnel du musée, ainsi que par Etienne et Frédérique Renaud, la conservatrice du musée et responsable du projet, ma collègue et moi avons été laissées à nous-mêmes pour un premier tour de salle. Il était pour l’instant question de s’imprégner des œuvres de l’Estrien.

La salle est assez petite, mais tous ses murs sont couverts d’œuvres. Au bout de la salle, une entrée mène vers une autre petite pièce, sombre, dans laquelle une vidéo défile afin d’offrir une expérience immersive au spectateur. L’exposition comprend trois séries : Scène, Cavalier et Société. Ma collègue et moi avons choisi une œuvre par série qui était davantage approfondie par l’auteur. Heureusement, puisque moi et mon esprit mathématique avions besoin d’explications!

Scène

La série Scène en quelques mots : lumineux, vaporeux, esthétique et doux. En périphérie de la salle, ces œuvres sont inspirées par l’époque romantique et plus précisément par le peintre anglais William Turner (1775-1851). Des paysages des Cantons-de-l’Est sont même repérables pour ceux et celles qui connaissaient bien le coin!  

 

De cette série, j’ai choisi la toile Idéaux impossibles – variations. Etienne a tout de suite approuvé mon choix : c’est en effet un tableau très particulier. Cette œuvre a été créée à l’aide de l’ordinateur Mammouth (superordinateur) du Centre de Calcul Scientifique de l’Université de Sherbrooke, l’un des ordinateurs les plus puissants du pays. Cette toile est donc l’image finale de 3000 images en mouvement de l’œuvre idéaux impossibles fusionnée avec idéaux impossibles – variations. Jamais je n’aurais cru qu’une œuvre artistique nécessiterait un outil aussi puissant pour sa réalisation.

Cavalier

La série Cavalier, aussi appelée Jumper, met en valeur les œuvres d’Etienne dans toute leur complexité technique. On y voit alors l’artiste jouer avec des matrices super résolution et des cartes de hauteur donnant une autre perspective aux tableaux. Etienne en profite pour nous donner un aperçu de l’ampleur du processus mathématique qui se trouve derrière chaque création, mais tout en s’assurant de rendre ce processus intelligible et accessible au spectateur.  La toile Jumper 0x1261 93F1 4B6E a particulièrement attiré mon regard. C’est avec cette série, et cette toile, que j’ai vraiment compris que les œuvres n’étaient pas des peintures (oups!). Les aspects technologiques sont plus marquants que dans les autres séries.


Société

Pour moi, la série Société est celle qui est venue le plus me chercher, voir, me bouleverser. J’ai même ressenti une certaine culpabilité à son contact. Ce que l’être humain fait à notre planète est mis en lumière dans les œuvres de cette section. Les tableaux sont loin de l’époque romantique; c’est plutôt l’époque post-apocalyptique. Mais bon, une remise en question est toujours de mise lors d’une visite au musée!

WABE : Broken perspective est une toile assez paradoxale ­­­­– Etienne et les contradictions! Les couleurs pastelles représentent la pollution au-dessus de cette ville artificielle labyrinthique et entièrement conçue mathématiquement. Qui l’eut cru?

Géométries naturelles c’est le beau, et le moins beau, de la théorie du chaos, de la marche aléatoire et des fractales. Géométries naturelles c’est la nature en soi, et sa dégradation au profit de la technique, au travers de nombreuses démarches mathématiques. Géométries naturelles c’est le bonbon d’une vie complète de recherches, d’acquisitions et de compréhension par l’artiste même. Chaque œuvre à son mystère, son unicité et sa surprise. À vous de découvrir cette exposition d’art au Musée des beaux-arts de Sherbrooke d’ici le 5 septembre 2021!


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À propos de l'auteur
Maxine
Blank- St-Cyr

Moi, c’est Maxine! Je suis étudiante en communication à l’Université de Sherbrooke. En automne 2020, j’ai eu la chance de faire un stage en Alberta dans le secteur touristique. Je suis tombée en amour avec le tourisme, et c'est ce qui m'a amenée à Destination Sherbrooke. Ma passion, c’est de voyager! Avant de commencer mes études, je suis partie huit mois avec mon backpack. J’avais le goût de continuer mes aventures, d'explorer et de découvrir, mais cette fois, dans ma ville universitaire!